Forum Femmes en Actions

Le Forum des Femmes en ActionS s’est tenu du jeudi 3 juin au samedi 5 juin 2021 dans le 20ème arrondissement de Paris. La dixième édition de ce festival annuel porté par des associations et des habitant.es des quartiers Belleville – Amandiers – Pelleport, était articulée autour des enjeux et des impacts sanitaires  sur les conditions de vie des femmes, en lien avec  le rapport du CESE  « Crise Sanitaire et inégalités de genre » (mars 2021) qui a révélé combien la pandémie a renforcé les inégalités entre les femmes et les hommes. Car les femmes ont été particulièrement touchées concernant l’augmentation des violences et de l’insécurité socio-économique. Leur charge mentale a explosé ainsi que leur contribution à l’effort collectif, parce qu’elles s’occupent davantage des tâches domestiques, mais aussi parce qu’elles sont en première ligne des métiers du soin, métiers sous valorisés et précaires. Le rapport met aussi en lumière la sur exposition des femmes issues de l’immigration et des femmes migrantes.

En lien direct avec ces questions, et en tant que membre de l’association l’Accorderie du Grand Belleville, Louise, habitante du quartier et cheville ouvrière de Plein le dos a ainsi pu présenter des photographies de messages de dos de femmes à la vingtaine de personnes présentes. Ces images ont donné à voir des messages inscrits sur le dos de Femmes Gilets Jaunes, montrant ainsi que malgré leur invisibilisation médiatique, les femmes ont été très présentes au sein du mouvement, pour la simple raison qu’elles sont les plus précaires parmi les précaires. Elles y ont endossé des mots auquel il s’est avéré pertinent de faire écho : « Auxiliaire de vie en colère », « Dans quel monde Vuitton ? », « Liberté égalité sororité », « 69 ans fragile et toujours pas sage », « Gare à la revanche quand toutes les pauvres s’y mettront », « Mon corps m’appartient, je m’habille comme je veux, quand je veux, si je veux. Ma liberté je m’en charge » etc. Oriane, ex-résidente du Palais de la Femme a parlé des brigades de solidarité populaires mises en place pendant la pandémie, et raconté comment le mouvement des gilets jaunes a permis à la lutte des Femmes du Palais d’être entendue.

La forte présence d’auxiliaires de vie au sein du mouvement a aussi permis de questionner les conditions de travail de ces femmes sur représentées dans les métiers du soin et du ménage, et d’annoncer la sortie du film Debout les femmes (Gilles Perret et François Ruffin). En parlant des réseaux de soutien mis en œuvre avec les femmes du mouvement toutes engagées dans des actions de solidarité, il a été possible de nommer et de saluer la sororité a l’œuvre.

Faisant le lien entre précarité et violences, Adama de l’association Olympe a parlé du sujet des violences faites aux femmes et de la situation particulière pendant la pandémie et le confinement, exposer les nombreuses difficultés rencontrées par les victimes, ainsi que par les professionnels investis auprès d’elles, en raison de la crise sanitaire. La diffusion d’un court métrage a aussi permis de discuter de la violence psychologique, discrète et insidieuse, qui ne laisse pas de marque visible, qui isole, manipule, humilie, et d’alerter sur la façon d’aider les victimes.

Les personnes présentes se sont montrées intéressées et de riches échanges ont pu avoir lieu. Chaque membre du public est reparti avec un tee-shirt sérigraphié avec l’Etabli sur des textiles de seconde main (Guerrisol) du motif « Fières et déters, femmes précaires, femmes en guerre », offert par l’Accorderie. Plein le dos remercie l’Accorderie du Grand Belleville et Neli sa coordinatrice, pour lui avoir permis d’exposer ces images, afin de donner à voir la lutte des gilets jaunes et particulièrement des femmes présentes dans le mouvements, sous un autre angle.

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