Plein les murs

Le 25 juillet nous avons collé, avec des copains de la Cabane de la Place des fêtes, 150 photos dans le quartier de “La Banane”, enclave HLM au cœur de Ménilmontant (Paris 20e). Le collage a débuté au croisement de la rue des Amandiers et de la rue des Partants (point de départ annuel de la marche demandant Justice et vérité pour Lamine Dieng, décédé dans un fourgon de police en 2007), puis s’est poursuivi rue Louis Nicolas Clérambault, rue des Cendriers, rue Marx Ernst, rue Duris.
L’acte 36 « Ripostons à l’autoritarisme » s’était tenu le 20 juillet dernier à Beaumont-sur-Oise et avait rassemblé des militants demandant Justice et vérité pour Adama Traoré, les Gilets Noirs et les Gilets Jaunes, dénonçant ensemble les violences policières et l’autoristarisme de l’Etat. Nous avions sorti à cette occasion un hors-série Violences policières. Gilets jaunes et quartiers populaires.
C’est cette sélection d’images qui a été collée, en plus d’une sélection présentant des revendications sociales (entre autres) susceptibles de toucher les habitant.es du quartier.

Nous poursuivrons autant que possible ces collages qui permettent de donner de la visibilité aux messages des dos de gilets jaunes. Si vous travaillez au sein d’une multinationale cotée au CAC40 (tant qu’à faire), que vous avez accès à une imprimante A3 couleur et que vous souhaitez nous aider, faites nous signe : nous ne dépenserons pas un centime pour ces impressions et ces collages, donc à nouveau on compte sur votre aide. Et si vous souhaitez réaliser des interventions similaires sur les murs de votre ville, contactez-nous : nous vous enverrons le fichier prêt à imprimer.

Pour le reste, on continue pareil. Nous ne cesserons de dénoncer l’autoritarisme de l’Etat, la répression que subissent celles et ceux en lutte pour les biens communs , les cadeaux aux copains du président, les abus de biens publics au profit d’entreprises privées, l’accumulation des richesses par quelques privilégiés, les inégalités, l’avenir incertain pour nos enfants, les salaires de misère, les contrats précaires, la gentrification de nos quartiers, la casse des services publics (soutien total aux personnels de la santé, aux profs, aux postiers… et aux usagers), la pollution dont nous souffrons tou.tes et qui détruit le vivant et l’environnement, la société de consommation qui nous prend pour des cons, la fausse démocratie qui voudrait que nous nous satisfaisions de ne voter que tous les 5 ans avec le chantage à l’extrême droite, la main mise de l’oligarchie sur la presse, la publicité omniprésente qui nous aliène, les ventes d’armes et l’impérialisme, le racisme institutionnel, les conditions déplorables d’accueil des réfugiés… et de soutenir les victimes du soi-disant “maintien de l’ordre” couvert par la police des polices et la justice.

On était là hier, on là aujourd’hui, on sera là demain. Fier.es et déters.

Ne rien lâcher

Après Toulouse qui avait rejoint le collectif début mai, des camarades diffusent nos feuilles jaunes à Avignon, Bordeaux, Bruxelles, Lamballe, Lille, Rennes et Strasbourg et ça n’est que le début : si vous voulez rejoindre notre collectif pour diffuser nos feuilles jaunes et cagnotter avec nous, contactez-nous par mail à l’adresse contact@pleinledos.com.

Ces dernières semaines nous avons ouvert nos galeries en ligne aux blouses bleues des urgentistes et nous les ouvrirons à tous les messages de luttes sociales, climatiques, solidaires qui s’afficheront sur des dos à l’avenir : on en parle dès qu’on en a l’occasion parce que cette initiative fonctionne depuis le début essentiellement grâce au bouche à oreilles !

Nous aurons le plaisir de diffuser dès demain notre premier hors-série “Violences policières. Gilets jaunes et quartiers populaires”. Bien-sûr ce numéro spécial sera aussi diffusé lors de l’acte 36 “Ripostons à l’autoritarisme” à Beaumont-sur-Oise pour la Marche pour Adama III.

Nous versons ce jour 652 euros à la caisse de défense collective de Toulouse, et faisons trois versements de 325 euros chacuns aux cagnottes de :

• Lola V., 18 ans, triple fracture de la mâchoire, des dents cassées et la joue ouverte le 18 décembre 2018 à Biarritz.
• David D., 31 ans, tailleur de pierre à Bordeaux, nez fracturé, narine sectionnée et hématome à la lèvre supérieure à cause d’une grenade de désencerclement le 8 décembre 2018 à Paris.
• Eric P., fracture de la mâchoire, la lèvre fendue et des dents cassées par un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 à Paris.

Nous avons versé depuis le début le total de 5627 euros à des victimes de la répression ainsi qu’aux caisses de défense collective de Paris et Toulouse !


Merci à toutes celles et ceux qui participent à ce projet ! Les feuilles jaunes continueront à se diffuser partout où c’est possible dans le courant de l’été. Prochain numéro à la rentrée !

Paris, Toulouse, Avignon et la suite


Suite à l’acte 32, le collectif a eu l’occasion de dire ce qu’il est, ce qu’il fait et ce qui l’anime. C’était pendant Le Le Bal Jaune qui s’est tenu les 22 et 23 juin à La Générale Nord-Est à Paris. Merci à nos relais locaux en France et en Belgique, merci à tou.t.e.s celles et ceux qui mettent la main à la pâte ! Vous voulez nous rejoindre ? Vous avez des idées pour la suite ? N’hésitez pas à nous écrire, on est là et on le restera !

Plein le dos est né à Paris avec l’idée d’exposer les messages de dos vus en France pour rendre hommage à la créativité et à l’esprit des Gilets Jaunes et pour donner à voir autre chose que ce sur quoi les médias aux ordres se focalisaient. C’est pour ça qu’on a fait appel à vous, contributeurs et contributrices photo, présent.e.s acte après acte dans les manifestations. De fait, Plein le dos est un projet collaboratif et une vitrine nationale des dos de Gilets Jaunes.

À ce jour, nous avons archivé sur ce site des photos de dos vus à : Alençon, Alès, Angoulême, Amiens, Angers, Aubenas, Auxerre, Avignon, Barjac, Bar-le-Duc, Bavilliers, Bayonne, Belfort, Besançon, Biarritz, Blois, Boufféré, Boulogne-sur-Mer,  Bordeaux, Brest, Caen, Caussade, Cercottes, Chambord, Château-Gaillard, Châtellerault,  Chaumont, Commercy, Compiègne, Créteil, Crèches-sur-Saône, Dijon, Dunkerque, Epernay, Evreux, Flixecourt, Foix, Forbach, Fougères, Gamblais, Genève, Gennevilliers, Grenoble, Hallennes-lez-Haubourdin, L’Aigle, La Rochelle, La Roche-sur-Yon,  Le Mans, Lille,  Lyon, Mâcon, Marseille,  Martigues,  Menoncourt, Metz, Meyreuil, Montaigu,  Montargis,  Mont-de-Marsan, Montélimar, Montpellier, Montreuil, Mortagne, Nancy,  Nice, Nîmes, Nantes, Nemours, Nouméa, Noyon, Orléans,  Paris,  Périgueux, Perpignan, Pfettisheim, Plérin, Poitiers, Port de Bouc, Quillan, Quimper, Rennes, Rouen, Saint-Avold,  Saint-Girons, Saint-Malo, Saint-Nazaire, Saumur, Sens,  Strasbourg, Somain, Tarbes,  Thann, Toulouse, Toulon, Tours, Valence, Vannes, Vichy.

Nos feuilles jaunes sont imprimées en Île-de-France et nous ne les avons pas offertes en téléchargement libre pour le moment. Plusieurs raisons motivent ce choix : Parce que c’est plus économique de les imprimer en grand nombre à Paris et de trouver un moyen facile de vous les envoyer. Parce que c’est un projet militant et qu’on préfère rencontrer les gens et expliquer le projet plutôt que chacun chez soi imprime son doc pour lui-même. Parce qu’on a confiance dans les gens qu’on rencontre et qui rejoignent ce projet mais qu’on ne voudrait pas que des personnes malintentionnées gagnent de l’argent sur notre dos quand nous faisons un travail bénévole depuis quatre mois et que l’argent que nous collectons va à des caisses de solidarité. Parce qu’on propose des envois par courrier, et aussi parce que des relais locaux se mettent en place. Parce qu’on imprime 5000 exemplaires et qu’on ne voudrait pas qu’ils nous restent sur les bras. Pour toutes ces raisons, les docs ne sont pas en téléchargement. Mais le jour où nous cesserons de sortir de nouveaux numéros et où il n’y aura plus d’exemplaires imprimés à diffuser, alors ce jour-là on le fera.

Nos journaux ont d’abord été diffusés dans les manifestations parisiennes, mais comme chaque samedi des Gilets Jaunes de toutes les régions venaient à Paris, nos papiers ont pu voyager ! C’est pour ça qu’à Toulouse, des Gilets Jaunes nous ont contactés. On a discuté, on était d’accord et donc et ils elles ont rejoint notre collectif. Depuis un mois, Plein le dos est diffusé à Toulouse dans les mêmes conditions qu’à Paris (participation libre, cagnotte pour les blessé.es et les caisses de défense collective). La semaine dernière, un relais a été initié avec Avignon : à suivre… Les journaux s’invitent dans les bagages de copains qui font le trajet en train ou en voiture, on se débrouille, on gère à l’économie.  

Plein le dos est de fait un collectif national autogéré. C’est pourquoi, si vous aimez ce projet et voulez nous rejoindre, nous vous invitons à nous écrire pour diffuser chez vous cet outil politique et solidaire. Pour lutter contre le mépris, pour construire une mémoire populaire, pour aider celles et ceux qui ont été blessé.e.s et qui ont besoin de notre solidarité. À vous de jouer !

Mutilés pour l’exemple

Au mois de mai, des gilets jaunes de Toulouse ont rejoint notre collectif et participé à la diffusion de nos feuilles jaunes ! Avec eux, ce mois-ci, une fois déduits les frais d’impression, nous avons cagnotté 2000 euros avec les numéros 5 et 6 et les tee-shirts sérigraphiés (voir ici et ). Cet argent nous le versons aujourd’hui à :

• Elie, blessé par un tir de flash-ball au visage le 1er décembre 2018 (Acte 3) à Paris
• Eric, blessé par un tir de flash-ball au visage le 8 décembre 2018 (Acte 4) à Paris
• Yann, 11 dents cassées suite à un lynchage en règle par les FDO à coups de matraque le 11 janvier 2019 (Acte 9) à Toulouse
• Axel, blessé par un tir de flash-ball au visage le 19 janvier 2019 (Acte 10) à Montpellier

Nous versons sur chacune de leur cagnotte la somme de 337 euros. A cela nous ajoutons un versement de 652 euros à la caisse de défense collective IDF.

Depuis le début de ce projet, 4000 euros ont donc été versés à des caisses de solidarité (voir ici et ). Le mois prochain nous soutiendrons la caisse de défense collective de Toulouse.

Les liens vers leurs caisses sont ici :


Elie https://www.leetchi.com/c/je-mappelle-elie-et-jai-etait-victime-dun-tir-de-flash-ball-en-pleine-tete
Eric https://www.leetchi.com/c/soutient-a-eric-gilet-jaune-blesse
Axel https://www.leetchi.com/c/soutiens-axel-blesse-flashball-gilet-jaune
Yann lien paypall (nous contacter)
Caisse collective contre la répression IDF https://www.cotizup.com/stop-repression

Sans vous tou.tes qui participez d’une façon ou d’une autre à Plein le dos, cela ne serait pas possible. Pour cela nous vous remercions. MERCI ENCORE

Sorties de classe

Depuis quatre mois chaque samedi, on est présent·e·s au sein des cortèges avec nos feuilles jaunes. Le journal Plein le dos est apprécié partout où il est diffusé. Jusque-là, on a créé et imprimé cinq numéros. En  les distribuant on a réussi à collecter 2000 euros et à faire six versements solidaires à des caisses de victimes. Grâce à votre soutien, on réalisera très bientôt de nouveaux versements. L’accueil favorable nous a poussés à réimprimer le numéro 1 et le numéro 2 pour celles et ceux qui ne les avaient pas eus et qui les demandaient (en prévision aussi des réseaux de diffusion solidaires qui se mettent en place localement). Plein le dos jouit d’une belle visibilité au sein du mouvement des Gilets Jaunes.  À l’extérieur, on n’est pas encore très visibles. Alors, depuis quelques semaines, on sort des manifestations pour rendre visite aux Cabanes de GJ, pour participer à des événements thématiques autour du mouvement social, mais pas seulement. On se raconte.

Récemment, les GJ de Montreuil et de Villejuif nous ont invité.es à assister aux projections du film J’veux du soleil de Gilles Perret et François Ruffin. Avec notre journal jaune, on rentrait pile poil dans le décor ! Sortir des manifestations permet aussi de causer avec des personnes qui soutiennent le mouvement mais ne rejoignent pas les cortèges par peur d’être blessé·e·s ou mutilé·e·s. Une cabane, c’est un lieu de vie, ça papote, ça se chicane, ça discute du vivre ensemble ; on rêve, on s’aime et on s’y sent un peu comme à la maison.

Plein le dos en manif

La rue contre le mépris

Le dimanche 24 avril on est allé·e·s à la rencontre du public de la foire “Urban Art Fair” au Carreau du Temple. Pour qui connaît les questions sociologiques qui se jouent dans l’arène privilégiée de l’art contemporain, le résultat était prévisible, et illustre le mépris de certain.es envers la rue et celles et ceux qui se l’approprient. On a posé nos documents entre deux œuvres de street-art (un collage à gauche, un pochoir à droite) et on s’est amusé·e·s à regarder les gens s’approcher pour photographier ces œuvres, tout en prenant bien soin de ne regarder ni nos papiers, ni nos gilets. Ça nous amusait d’autant plus que l’œuvre installée près de l’entrée était un véhicule carbonisé façon acte 16 des Champs-Élysées, en plus délicat : tôle finement ciselée, panneau “Stop” encastré dans le pare-brise, et une invitation à demander le prix à l’intérieur de l’exposition. Une bonne blague, quoi ! C’est l’époque du canular anthropologique ! Quand même, il faut dire que les enfants de promeneurs, eux, nous regardaient avec une attentive curiosité. Alors, un peu en mode pirate, on a distribué des papiers jaunes de petites mains à petites mains. Finalement, on a eu l’occasion d’avoir trois moments d’échange avec des visiteurs. Alors c’est sûr, trois c’est peu à côté de l’intensité des discussions en manifestation, mais ça n’est tout de même pas rien ! Et en plus, on confirme bien que les paroles que nous avons entendues sur le parvis du Carreau du Temple étaient tout à fait représentatives de ce qui se dit du mouvement dans les médias les plus écoutés et/ou lus :         

24 avril devant l’entrée du salon “Urban Art Fair” au Carreau du Temple (Paris 3e)

On a entendu : “Mais comment je peux être certaine que vous êtes bien Gilets Jaunes et que l’argent que vous collectez va bien aux caisses de victimes ?”
Ou encore : “C’est bien ce que vous faites et ça mériterait que vous fassiez la même chose avec les slogans des jeunes du climat. Ils sont très originaux, vous savez, avec des slogans vraiment ingénieux !” Ici, deux sous-entendus révélant des stéréotypes massivement diffusés : les Gilets Jaunes n’auraient pas de slogans pour le climat, et leurs slogans seraient moins ingénieux… Dans ce cas, on sort les Plein le dos, et les dos de gilet font rempart contre les mensonges.
Enfin, une jeune femme était vraiment enchantée à l’idée de repartir avec des Plein le dos, qu’elle ajoutera à sa collection d’affiches recouvrant les murs… de ses toilettes. Après 2h30 et ces quelques échanges, on a plié bagage en se disant que la lutte contre le mépris restait bien notre combat du quotidien.

Le 26 avril, on s’est invité·e·s au vernissage “Artistes Gilets Jaunes” place Saint-Michel, dans le quartier latin, car il nous a semblé que notre projet artistique et militant y était tout à fait légitime. Certes, avec nos manières de la rue, on s’est installé·e·s à la sortie de l’expo en posant les Plein le dos sur la fontaine Saint-Michel. À l’intérieur, on s’est présenté·e·s et on a été reçu·e·s sans chipoter, on a pu dialoguer avec le public, avec les artistes. De la solidarité dans les paroles et via les quelques pièces reçues. 

26 avril, vernissage “Artistes Gilets Jaunes” place Saint-Michel

Le 2 mai, à la Gare XP cette fois, on a dressé notre table pour l’ouverture du festival collaboratif “Maelström”. La Gare XP, Porte des Lilas, est un squat artistique qui a survécu, tenu par des individus qui chaque jour créent du lien, font solidarité, luttent pour un monde meilleur. On était ravi·e·s de lancer dans ce lieu notre projet de sérigraphie de tee-shirts aux slogans de GJ, car c’était là que Manon nous avait ouvert les portes de son atelier pour nous y aider. On est resté.e.s tout l’après-midi, on a rencontré pas mal de gens, l’ambiance était sympa, on était à l’aise, on a cagnotté pas mal pour les victimes de la répression.

2 mai, Gare XP ouverture du festival collaboratif “Maelström”

Le 7 mai on était comme des poissons dans l’eau lors de l’entregistrement du “Grand procès public d’Emmanuel Macron” à la Bourse du Travail à Paris pour l’émission “Là-bas si j’y suis“. On avait apporté une vingtaine de nos tee-shirts sérigraphiés au motif conçu par Fred, GJ du 95, “Rage against the Macron” tout à fait approprié au thème de la soirée : en 45 mn il n’y en avait plus un seul ! Une technicienne de Canal + nous a dit qu’elle adorerait le porter sur son lieu de travail, tout en ajoutant : “Si tu mets ça au boulot, tu te fais virer direct”. Un homme a pris un tee-shirt en rêvant à voix haute que sa femme, qui travaille pour Envoyé Spécial, le porte sur le plateau de l’émission… Ce soir-là, le public s’est montré généreux et le compte de la caisse nous a conforté.e.s dans notre démarche. Oui, c’est utile ce que nous faisons ! 

7 mai, enregistrement du “Grand procès public d’Emmanuel Macron” à la Bourse du Travail à Paris

L’art. La culture. Les intellectuels. Et les Gilets Jaunes

Jeudi 9 mai 2019, on a été invité·e·s à la soirée d’ouverture du Printemps du théâtre l’Échangeur, à Bagnolet, sur le thème “Intellectuels et Gilets Jaunes”. On était enchanté.e·s de cette belle idée qui nous permettait de sortir de la rue pour toucher un autre public. Ça tombait d’autant mieux que les trois objectifs sous-tendant notre initiative n’étaient que partiellement atteints. Construire une mémoire populaire, ok. Cagnotter pour les blessé.es : ok. Lutter contre le mépris : pas gagné. C’en était pourtant la première raison d’être.

Ce soir-là, on est  quelques-un·e·s à avoir ressenti un certain malaise. Derrière notre table, on a vu défiler quantité de personnes prêtes à lâcher 5 euros pour une pinte. Mais assez peu sont venues à nous. Le fait est que la majorité des gens avec lesquels on a discuté sur notre stand, on les connaissait déjà, ils-elles étaient venu·e·s pour nous voir, ils-elles savaient qu’on serait là. On a rencontré assez peu de gens, en définitive. C’est ce qui a été décevant. La frontière entre deux mondes n’a pas été franchie comme on se l’était imaginé. Alors les manières de rue se sont déployées d’elles-mêmes…

9 mai, soirée d’ouverture du Printemps du théâtre l’Échangeur à Bagnolet. Collage ©Vitalia

Par deux fois on a perturbé le bon déroulement des choses : d’abord en s’invitant sur la tribune du débat pour remettre un tee-shirt à Frédéric Lordon. Le tee-shirt est arrivé comme un cheveu sur la soupe, raté, ça n’était vraiment pas dans l’état d’esprit de la soirée. Rien de très grave, Frédéric, un peu gêné sur le moment, ne nous en a pas voulu, ça l’a même finalement fait marrer. Puis en improvisant un  “Happening bière” en mode “Et la bière elle est à qui ? Elle est à nous !”, “Pas de bière ! Pas de merguez !” (par esprit de solidarité avec nos copains Gilets Jaunes de la Place des Fêtes qui avaient fait griller des merguez tout au long de cette soirée à l’Échangeur et ne s’étaient pas vu offrir une seule pinte…). L’épisode “bière” a dérangé. On a vu la réaction du staff et du public présent. On imagine qu’on est passé·e·s pour ce qu’on dit des Gilets Jaunes : au mieux, pour une bande d'”énergumènes indisciplinés”.  En fait, certain·e·s d’entre nous voient dans ces “happenings” une réaction à un certain ordre social : les intellectuels d’un côté, les petites mains Gilets Jaunes de l’autre. Évidemment, c’est forcer le trait. D’ailleurs, d’autres membres du Collectif, qui n’étaient pas derrière le stand, ont pu discuter du journal et des messages des Gilets Jaunes avec le public. Quand même… On peut dire que le théâtre social qui se jouait dans la cour de ce théâtre était un peu dans la contradiction. À l’image de notre société, ni plus ni moins. Dans la salle, des intellectuels parlent des Gilets Jaunes; sous une cabane, des Gilets Jaunes font des sandwiches merguez pour les gens venus écouter les premiers parler des seconds, qui leur ont donné à manger…

Alors, on peut imaginer que personne n’avait pensé à cela, finalement c’est simplement représentatif d’un certain ordre social auquel on est habitué·e·s. On remarque que partager un espace s’est avéré insuffisant, qu’il a sûrement manqué un lien, une ouverture. Il aurait fallu que nous puissions dire ce que nous faisions là afin qu’on ne nous prenne pas pour des vendeurs de tee-shirts (de ceux qui profitent de la crise pour faire du beurre et que nous détestons, ce que nous ne sommes pas ). Le fait est que nous n’avons pas pensé à demander la parole, ni pour expliquer ce que nous faisons, ce qui nous anime, ce que nous défendons, ni pour présenter Plein le dos pour ce qu’il est : un outil politique, un soutien à ceux qui luttent. Fort.es de cette expérience, une autre fois, nous le ferons.

Déters et solidaires #2

Smiley LBD40 PleinLeDos

Suite à la diffusion des numéros 3 et 4 de notre journal, nous avons collecté 2403 €. Après remboursement des frais d’impression (1055 € ), nous avons versé la totalité de la somme restante, soit 1348 €, aux quatre caisses suivantes (4 x 337 €) :


• Gabriel (21 ans) qui a eut la main droite mutilée par une grenade le 24 novembre 2018 (Acte 2) à Paris
• Hédi éborgné par un tir de LBD 40 le 1er décembre 2018 (Acte 3) au Puy-en-Velay
• Jim éborgné par un tir de LBD 40 le 8 décembre 2018 (Acte 4) à Bordeaux
• Samir blessé au visage par un tir de LBD 40 le 12 janvier 2019 (Acte 9) à Saint-Etienne

Le 30 mars nous avions déjà versé deux dons de 325 € aux cagnottes de Franck Didron, blessé le 1er décembre 2018 (Acte 3) et à celle de Marie-Laure Buselli, blessée le 16 mars 2019 (Acte 18).
Ce qui porte la totalité de nos dons à 1998 €. C’est pas mal pour un petit collectif comme le nôtre et on espère que Gabriel, Hédi, Jim et Samir seront heureux de savoir que des inconnu.es se soucient d’eux.

Les liens vers leurs cagnottes qui nous ont été conseillées par le collectif Désarmons-les, sont ici :

Gabriel https://www.lepotcommun.fr/pot/9qbacnp7
Hédi https://www.leetchi.com/c/justice-pour-eddie?fbclid=IwAR13VTsOI68KORKKn_Sl5pbydLHUPaePEnmGjpoldz5XM8wlrxaUKMkEYZg
Jim https://www.lepotcommun.fr/pot/6fcd6syh?fbclid=IwAR2g6jIEkP_ZBphz0OIKtPVbsDtZgCtLiW7oRfnnSgc_-DHd6omPK9s-B-c
Samir https://www.leetchi.com/c/samir-victime-d-un-flash-ball?fbclid=IwAR3jUypzDR5PRQxgOmsVQFHU_onSt0ZvZBNgq4Yo9MjGMpLpZWEVgJ3RVDM

Nous remercions à nouveau tous les contributeurs et contributrices qui nous envoient des images depuis le début et rendent ainsi ce projet possible, toutes celles et ceux qui donnent une pièce sans faire la grimace et nous accordent leur confiance. Nous serons présents dans le cortège du 1er mai avec les “Smiley borgnes” (voir plus haut) et restons déterminés pour continuer autant que possible à contrer le mépris et à collecter des fonds pour soutenir demain d’autres victimes de la répression. MERCI


Les gilets jaunes sont des artistes (suite)

On l’a annoncé la semaine dernière, on va diffuser de petites séries de tee-shirts sérigraphiés avec des slogans de dos de gilets jaunes, au profit de caisses de victimes de la répression. Voici les deux autres modèles : le premier mettra sûrement les macronistes en PLS, dommage qu’ils manquent autant d’humour ! Précisons afin de parer leurs attaques : le slogan “Rage against the Macron” fait référence au groupe “Rage against the Machine” car les gilets jaunes ont du talent et ne manquent pas d’esprit. Les curieux trouveront dans nos galeries beaucoup d’autres jeux de mots, entre autres musicaux : “Commun Ouragan”, “Manu Tchao”, “Oh Manu si tu savais, tout le mal que tu nous fais”… (Merci à Fred, gilet jaune du 95 pour ce slogan.) »

Le second dessin a été réalisé par Bob pour Appoline (gilet jaune de Paris 19e), nous la remercions.

D’autre part on cherche des ateliers de sérigraphie locaux (militants et solidaires comme nous) auxquels donnerions les modèles afin que ce projet puisse sortir de Paris. Vous pourrez aussi venir avec vos textiles à sérigraphier sur place lors de ces deux événements. On vous y attend nombreux !


Le 2 mai, “Festival collaboratif” à La Gare XP : https://www.facebook.com/events/822917294738349/
Le 9 mai, “Printemps de l’Echangeur” au Théâtre de l’Echangeur : https://www.facebook.com/printempsechangeur

Article précédent sur le même sujet : www.pleinledos.org/artistes

Les gilets jaunes sont des artistes

Depuis le début nous sommes impressionnés par la créativité des gilets jaunes : y a pas à dire, certains ont de la suite dans les idées. Au début, on voulait seulement donner à voir autre chose sur le mouvement, pour contrer le discours dominant, largement méprisant. Suite aux premières diffusions de nos imprimés à prix libre, on a constaté qu’on remboursait tranquille les frais d’impression, mais qu’en plus il restait de l’argent et qu’on pouvait donc collecter l’excédent pour des caisses de victimes de la répression. C’est pas du luxe ! Les blessés sont nombreux et souvent très précaires. De l’idée de la cagnotte solidaire nous en est venue une autre : et si on faisait des tee-shirts en petites séries avec nos GJ préférés ?

On avait cette idée dans la tête quand on a rencontré Manon en manif à Paris lors de l’acte 20 : elle a tout de suite accepté de rejoindre notre équipe sur ce projet solidaire en s’occupant spécialement de la sérigraphie.


On a lancé un “avis de recherche”

Quelques jours après, on a lancé un “avis de recherche” via les réseaux sociaux pour retrouver nos GJ préférés et leur proposer le projet. D’abord on a rencontré Sand, gilet jaune de l’Yonne, qui porte le gilet “Le peuple des rond-points. Force jaune”. Elle a dit ok. Ok pour qu’on reprenne son motif et qu’on fabrique des tee-shirts dont les bénéfices seront intégralement reversés à des caisses de victimes. Pour faire ça correctement, on a aussi rencontré le collectif Désarmons-les qui nous a aidés à choisir qui soutenir en fonction du type de blessure, du coût de l’opération et de la situation du ou de la blessé.e.

Le gilet de Thomas, gilet jaune de Saint-Avold (Vu à Strasbourg – Acte 12) nous avait tapé dans l’œil : “Ils ont la police, on a la peau dure”. On s’est dit que ce modèle allait plaire à beaucoup de monde ! En tous cas, Thomas nous a contactés suite à l’avis de recherche et nous a écrit :

” D’abord, bravo pour l’idée de départ de recenser tous les messages arborés sur les GJ, on était nombreux à les prendre en photos pour garder en mémoire l’inventivité du mouvement qui se traduisait aussi par ces messages. Votre initiative permet de centraliser tout ça et de le diffuser de manière plus large.
Pour les t-shirts sérigraphiés aussi, je trouve l’idée excellente. Je joins à ce mail la photo de mon gilet à plat, comme demandé (à force, avec la pluie, le feutre a bavé un peu). Je vous fais toute confiance pour attribuer en mon nom les sommes récoltées à l’une des caisses de solidarité mises en place. Merci et bravo encore pour ce que vous faites ! “

En mai on fait ce qu’il nous plaît

On aura d’autres modèles à vous présenter bientôt ! Alors voilà, la production est lancée, ça se fait à la main sur des tee-shirts de récup (merci Manon), et on est heureux de vous annoncer qu’on commencera à les diffuser en participation libre et solidaire (avec indication du coût de fabrication) lors de ces deux événements : le 2 mai au “Festival collaboratif” de la Gare XP : http://garexp.org/actus/25-05-maelstroem-festival-collaboratif et le 9 mai pour la journée d’ouverture du “Printemps de l’Echangeur” au Théâtre de l’Echangeur : www.lechangeur.org/event/printemps-de-lechangeur-2/

On vous attend nombreux lors de ces deux événements, pendant lesquels nous présenterons aussi un diaporama, un audio spécial manif de GJ, des sérigraphies papier, et nos imprimés. On espère que vous serez heureux de venir chercher les tee-shirts, qui nous permettront de ramasser plus d’argent pour les victimes. On n’a pas honte de dire qu’aucun de nous n’a jamais eu de plus belle motivation pour ramasser du fric !

C’est dit !

Liens vers les événements Facebook :
Le 2 mai, “Festival collaboratif” à La Gare XP : https://www.facebook.com/events/822917294738349/
Le 9 mai, “Printemps de l’Echangeur” au Théâtre de l’Echangeur : https://www.facebook.com/printempsechangeur/

Art et technique

On répond souvent la même chose à vos envois d’images via les réseaux sociaux : “S’il vous plaît, envoyez-les nous par mail”. Ce n’est pas pour vous embêter ! Le fonds d’images que nous constituons ensemble est riche, et notre idée est bien de donner à voir autant que possible tous ces messages de dos de gilets via des impressions papier, des affichages, des sérigraphies… Pour ça, notre seule limite est la taille de vos photos ! Parce qu’on a aussi des envies de collages monumentaux, mais que rien n’est possible avec des fichiers de 140 k… Alors on le redit : s’il vous plaît, envoyez-les par mail à : contact@pleinledos.com (les images de 2 Mo seront très appréciées). Merci !