Plein les murs

Le 25 juillet nous avons collé, avec des copains de la Cabane de la Place des fêtes, 150 photos dans le quartier de “La Banane”, enclave HLM au cœur de Ménilmontant (Paris 20e). Le collage a débuté au croisement de la rue des Amandiers et de la rue des Partants (point de départ annuel de la marche demandant Justice et vérité pour Lamine Dieng, décédé dans un fourgon de police en 2007), puis s’est poursuivi rue Louis Nicolas Clérambault, rue des Cendriers, rue Marx Ernst, rue Duris.
L’acte 36 « Ripostons à l’autoritarisme » s’était tenu le 20 juillet dernier à Beaumont-sur-Oise et avait rassemblé des militants demandant Justice et vérité pour Adama Traoré, les Gilets Noirs et les Gilets Jaunes, dénonçant ensemble les violences policières et l’autoristarisme de l’Etat. Nous avions sorti à cette occasion un hors-série Violences policières. Gilets jaunes et quartiers populaires.
C’est cette sélection d’images qui a été collée, en plus d’une sélection présentant des revendications sociales (entre autres) susceptibles de toucher les habitant.es du quartier.

Nous poursuivrons autant que possible ces collages qui permettent de donner de la visibilité aux messages des dos de gilets jaunes. Si vous travaillez au sein d’une multinationale cotée au CAC40 (tant qu’à faire), que vous avez accès à une imprimante A3 couleur et que vous souhaitez nous aider, faites nous signe : nous ne dépenserons pas un centime pour ces impressions et ces collages, donc à nouveau on compte sur votre aide. Et si vous souhaitez réaliser des interventions similaires sur les murs de votre ville, contactez-nous : nous vous enverrons le fichier prêt à imprimer.

Pour le reste, on continue pareil. Nous ne cesserons de dénoncer l’autoritarisme de l’Etat, la répression que subissent celles et ceux en lutte pour les biens communs , les cadeaux aux copains du président, les abus de biens publics au profit d’entreprises privées, l’accumulation des richesses par quelques privilégiés, les inégalités, l’avenir incertain pour nos enfants, les salaires de misère, les contrats précaires, la gentrification de nos quartiers, la casse des services publics (soutien total aux personnels de la santé, aux profs, aux postiers… et aux usagers), la pollution dont nous souffrons tou.tes et qui détruit le vivant et l’environnement, la société de consommation qui nous prend pour des cons, la fausse démocratie qui voudrait que nous nous satisfaisions de ne voter que tous les 5 ans avec le chantage à l’extrême droite, la main mise de l’oligarchie sur la presse, la publicité omniprésente qui nous aliène, les ventes d’armes et l’impérialisme, le racisme institutionnel, les conditions déplorables d’accueil des réfugiés… et de soutenir les victimes du soi-disant “maintien de l’ordre” couvert par la police des polices et la justice.

On était là hier, on là aujourd’hui, on sera là demain. Fier.es et déters.

3 réponses sur “Plein les murs”

  1. Bravo pour cette entreprise de mise au jour et en lumière de tant d’êtres et de pensées qui comptent ! Ce n’est pas une raison pour mal mettre en œuvre cette fichue écriture inclusive… Donc on écrit “la pollution, dont nous souffrons tou·te·s”, formule qui se décline ensuite en “tous” et en “toutes”. Idem pour “fier·e·s”, même si on hésite, dans ce cas, à ajouter le joli accent grave du féminin – encore que, après tout ?… Et rappelons-nous que le fameux “point du milieu” s’obtient, sur le clavier, en tapant alt+0183 (sur PC). Pff! Moi, ça me fatigue un peu ces nouvelles graphies et je préfèrerais que l’égalité et ses heureuses conséquences pour tou·te·s se réalisent d’abord dans le monde réel avant de s’acharner sur l’orthographe… Mais il est vrai que c’est drôlement important, l’écrit ! Salut à toutes et à tous. Alain

  2. MESSAGE D’ESPOIR DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE

    Mes chers compatriotes, vous m’avez élu pour vous faire entrer dans le Nouveau Monde. C’est ce que je fais depuis maintenant deux ans.
    Cependant, vous manifestez sur les rond-points, vous vous mettez en grève un peu partout et vous exprimez votre impatience de plus en plus bruyamment.
    En somme, vous trouvez que je ne vais pas assez vite. Comme je vous comprends !
    C’est pourquoi j’ai décidé d’accélérer encore les mesures destinées à combler vos voeux:
    Ainsi, dès la rentrée, les chômeurs devront immédiatement trouver du travail, faute de quoi, ils seront regroupés dans des camps où ils seront occupés bénévolement à casser des cailloux en échange du RSA, s’ils y ont droit, et ce n’est pas gagné !..
    Pour désengorger les urgences, les malades seront priés de rester en bonne santé, et le trou de la sécu sera vite comblé.
    Les seniors seront maintenus au travail le plus longtemps possible afin de ne pas obliger les pouvoirs publics à alimenter les caisses de retraite, pour leur verser indéfiniment de l’argent à ne rien faire, cette situation étant seulement réservée aux plus fortuné(e)s de nos compatriotes…
    S’ils veulent conserver leur emploi, les salariés, eux, doivent augmenter la rentabilité de leur poste de travail, en travaillant gratuitement pendant les jours fériés, et en faisant des heures supplémentaires non payées. Sinon, il y en a cent qui attendent de prendre leur place, et la réforme du code du travail a précisément été mise en place pour faciliter ce petit jeu de chaises musicales.
    Quant aux fonctionnaires, leur temps est révolu. Avoir un emploi à vie, c’est mauvais pour le moral du reste de la population, et ça lui donne des idées perverses.
    Alors, seuls les policiers et les juges, qui défendent nos Personnes Sacrées des agressions des Gilets Jaunes et nos Propriétés de leurs jets d’œuf pourris et de peinture rouge, verront leur statut maintenu. Les autres seront soumis aux mêmes conditions que les salariés du privé. Y a pas de raison qu’ils soient seul(e)s à ne pas galérer.
    Les petits commerçants, les petits exploitants agricoles et les petits entrepreneurs doivent savoir qu’ils ont un gros problème : ils sont PETITS, et ne font donc pas le poids en face des GROS, ce qui est un handicap certain en ces temps de concurrence libre et non faussée. Alors je le leur dis amicalement : Ou vous grossissez, ou vous disparaissez ! Je ne suis pas là pour servir d’assistante sociale aux canards boiteux !
    En ces temps de mondialisation, il est important d’ouvrir le pays à tous les vents (non pas de l’immigration, je vous voir venir, tas de gauchistes inconséquents ! ), mais de la concurrence, en allégeant la fiscalité de ceux qui menacent de s’exiler en toute solidarité, en concluant des accords de commerce favorables aux multinationales, en vendant nos entreprises stratégiques à bas prix, et en privatisant tout ce qui peut l’être.
    Chaque fois que je le pourrai, j’aiderai de toutes mes forces les “investisseurs” à faire de bonnes affaires sur votre dos : En échange, nous pourrons leur vendre nos Airbus, nos Rafales, nos chars Leclerc et nos vedettes rapides, à condition d’être aussi tordus et peu regardants que nos concurrents.
    Mes chers compatriotes, c’est vers ce Monde Idéal que je veux vous conduire le plus rapidement possible, car un quinquennat c’est bien court, et je ne sais pas si je serai en mesure d’en faire un second. Vous avez pris tellement de retard dans la soumission volontaire, que vous faites figure de privilégiés auprès des pauvres Anglais et des précaires Allemands, pour ne parler que d’eux, et ce scandale doit cesser au plus vite, car il laisse croire au monde entier qu’un monde plus humain est possible..
    C’est pourquoi, je compte bien vous aider à les rejoindre dans la misère et la précarité, et pour cela, j’ai des arguments de poids : Tout d’abord, la Presse Libre de mes amis les Milliardaires, ensuite mon alliée objective du Rassemblement National toujours disposée à servir de repoussoir aux moments critiques, mais aussi la dispersion des partis de gauche qui ne sont pas en mesure de me mettre des bâtons dans les roues pour retarder l’avènement de la société de l’égoïsme et du chacun pour soi auquel je travaille sans relâche et de toutes mes forces. Il faut dire que certains gouvernements m’ont bien facilité la tâche en brouillant les pistes, de telle façon que les électeurs ne reconnaissent plus leur droite de leur gauche, le haut du bas, le vrai du faux, et confondent leur portefeuille avec celui de Bernard Arnault…
    Mais je compte surtout sur mes godillots qui se sont mis En Marche ! avec un ensemble parfait, sinon un enthousiasme sans mélange. Je sais qu’ils et elles sont souvent interpellé(e)s par leurs électrices et électeurs qui trouvent que ça ne va pas assez vite dans la destruction des protections sociales.
    Alors, je leur donne un bon conseil : Il existe dans votre vie parlementaire un moment particulièrement critique: c’est celui où mon compatriote de Picardie monte à la Tribune de l’Assemblée Nationale pour tenter de vous donner mauvaise conscience, en soulignant les soi-disant contradictions entre mes discours et mes actes, et de vous détourner de votre devoir de député(e)s de la majorité, qui est de voter sans hésitation ni murmure, là où on vous dit de voter.
    Si vous ne vous sentez pas en mesure de résister aux arguments de ce démagogue sans scrupules, n’hésitez pas à vous procurer des bouchons d’oreilles auprès de l’huissier le plus proche, qui a des instructions pour vous aider à les mettre en place rapidement. Nous avons prévu un budget pour ça, pris sur les frais de représentation du Président de l’Assemblée Nationale. Il y aura moins souvent de homard géant à sa table, mais c’est pour la bonne cause.
    Il ne vous sera pas tenu rigueur de ce geste de sauvegarde, chacun(e) pouvant avoir un moment de faiblesse, où il serait tenté d’écouter sa conscience, le principal étant que vous teniez héroïquement votre position stratégique et que les Lois présentées par le gouvernement soient adoptées coûte que coûte, et les amendements de nos adversaires, rejetés sans examen…
    Mes chers compatriotes, je compte sur les plus égoïstes et les moins courageux d’entre vous, ainsi que sur les pécheurs à la ligne, pour m’aider à pourrir la vie de vos concitoyen(ne)s en détournant les institutions démocratiques au profit des plus riches. Déjà, depuis peu, nous avons le deuxième milliardaire le plus riche de la Planète, qui vient de passer devant Bill Gates, preuve que nous sommes sur la bonne voie, et pour qu’il gagne la première place et détrône Jeff Bezos, il faut davantage le sponsoriser en amplifiant encore les restrictions budgétaires !
    Et n’oublions pas qu’il y a un peloton de 38 autres milliardaires français qui suivent ce grimpeur émérite, c’est un devoir pour nous de gratter les services publics jusqu’à l’os pour subventionner ces futurs vainqueurs d’étapes, et pour qu’ils fassent collectivement honneur à la Start Up France !
    C’est ce que je m’emploierai à faire dans la deuxième partie de mon mandat, et j’espère, dans un second quinquennat qui me permettra d’achever la destruction de notre modèle social archaïque et néfaste à la marche du Nouveau Monde, et interrompre la fascination malsaine qu’il exerce sur la partie la plus malmenée de la population.
    Enfin, un dernier message à celles et ceux qui seraient tenté(e)s de se rassembler pour entraver la Marche vers le Progrès que je conduis avec succès depuis deux ans : Surtout ne changez rien, multipliez les groupuscules, les chapelles et les catacombes, continuez de vous battre comme des chiffonniers sur une virgule ! En Marche ! et le Rassemblement National vous disent Merci !
    Vive la Liberté des riches de s’enrichir sans limites ! Vive l’Egalité des pauvres dans la galère ! “Vive la Fraternité des sans-dents envers les premiers de cordée ! Vive la Start Up France !
    et maintenant chantons ensemble la :

    MARSEILLAISE DES ESCLAVES VOLONTAIRES
    ( A chanter sur les bancs de la Galère )

    I
    Allons Enfants à coups de trique,
    Le Jour de Honte est arrivé,
    Pour payer la dette publique,
    Les banquiers nous ont enchaînés
    Les banquiers nous ont enchaînés

    Entendez-vous les milliardaires
    Se plaindre de votre froideur
    Et fustiger votre lenteur
    A leurs caprices satisfaire ?

    REFRAIN
    Aux Rames, Galériens !
    Aux Rames, les Moins que Rien !
    Souquons, Souquons !
    Que notre langue
    Astique leurs mocassins !

    II
    Nous ramerons avec constance
    Pour courir après les Chinois
    Sur le pont nos chères Eminences
    Sourieront aux chefs Pékinois
    Sourieront aux chefs Pékinois

    Soyons heureux si dans l’Histoire
    Ils nous laissent un instant souffler
    Pour mieux continuer à souquer
    Et servir leurs moindres exigences

    REFRAIN
    Aux Rames, Galériens !
    Aux Rames, les Moins Que Rien !
    Souquons, souquons,
    Qu’un p’tit vent frais,
    Caresse leurs fronts altiers !

    III
    Contrairement aux Gilets Jaunes,
    Nous ne nous révolterons pas,
    Car il nous suffit d’une aumône
    Pour dire merci et chapeau bas
    Pour dire merci et chapeau bas

    Contentons-nous de la Misère
    Que nos Maîtres nous ont laissée.
    Et ne cherchons pas à ruser
    Soyons Serfs soumis et sincères !

    REFRAIN
    Aux Rames, Galériens !
    Aux Rames, les Moins Que Rien !
    Souquons, Souquons,
    Que notre sueur,
    Arrose leurs Stock-Options !

    IV
    Nous finirons sur la Galère
    Où vous nous avez attachés
    Pas de sous pour notre Retraite,
    Pas d’argent pour notre Santé
    Pas d’argent pour notre Santé

    Nous souquerons pour votre Gloire,
    Et pour votre Prospérité
    Sans-Dents et sans Dignité,
    Nous ne cherchons qu’un petit pourboire !

    REFRAIN
    Aux Rames, Galériens,
    Aux Rames, les Moins-Que Rien
    Souquons, Souquons,
    Et remercions,
    Nos Bourreaux Bien-Aimés !

    Signé : André BARNOIN, alias “Dédé”

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